Mercredi 14 octobre 2009
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Pendant une grande partie de mon enfance et de mon adolescence, jamais je n'avais imaginé devenir éducateur,
mes rêves étaient ailleurs, beaucoup plus lointains, au-delà de nos frontières, là où sur nos livres de géographie des zones blanches indiquaient des territoires inexplorés.
Comme beaucoup d'enfants nés juste avant la déclaration de guerre, j'avais dans les toutes premières années de ma vie une santé fragile. La nourriture sans doute pas très riche en vitamines et en protéines. La viande, le lait, le pain, tout était rationné, limité en quantité par des timbres distribués dans les mairies. Pour le reste c'était le marché noir, avec beaucoup d'argent pour ce procurer l'indispensable, ou comme le faisait mon père après son retour de captivité, parcourir la campagne de fermes en fermes, dans l'espoir de récolter quelques légumes. Seule l'idée de manger un peu de viande à Noel avait poussé mon père à faire la chasse au canard.
Si la nourriture était rare, surtout pour les habitants des villes, il en était de même pour le chauffage. L'appartement était en hivers glacial, seule la cuisine était chauffée par une grande cuisinière en fonte émaillée bleue. Un peu de charbon, beaucoup de bois chiné ici et là dans les maison en ruines.
Le soir toute la famille était dans la cuisine,les autres pièces étaient beaucoup trop froides, et uniquement utilisées pour dormir, après avoir pris soins de mettre sous les couvertures, une bouillotte brûlante.
Pour profiter encore un peu de la chaleur dégagées par les dernières braises, ma mère prenait une chaise, l'installait sur la cuisinière, et tricotait ravie de la douce chaleur qui montait jusqu'à elle. Avec le faible éclairage d'une bougie le spectacle nous amusaient beaucoup. Pendant ce temps mon père faisait le cordonnier et réparait nos galoches trop fragiles, parfois le coiffeur et en cachette donnait un coup de main au Père Noël en fabricant nos jouets.
Le résultat de cette frugalité fragilisât de beaucoup ma santé,malgré les quotidiennes cuillères d'huile de foi de morue administrées chaque soir. Le médecin m'envoyât à la campagne pour des mois, au lit pendant de longues heures.
Heureusement ma mère m'avait donnée le goût de la lecture. Je dévorais littéralement livres après livres, jusqu'au jour, ou elle me mis entre les mains un livre titré " le petit explorateur " . Ce fut le premier choc de ma vie d'enfant. J'étais littéralement fasciné par les aventures de ce garçon en Afrique , et par la suite dans les autres tomes, sur d'autres continents.
La lecture achevée, mon esprit vagabondait dans tous les sens, et ceci pendant plusieurs années. Dès leurs parutions, les livres des grands explorateurs de l'époque étaient en ma possession, avec il faut bien l'avouer la complicité de ma mère partageant ma passion. De retour à Paris très souvent nous nous rendions dans des salles de conférences pour écouter les récits des plus illustres d'entre eux. Ma collection de livres dédicacés était importante. Chaque livre, lu, étudié, comparé avec des cartes. Ce fut pendant des années l'unique passion de mon enfance, partagée par la suite avec trois Amis. Nous en avons bâtis des projets d'expéditions. Fait des démarches multiples dans les magasins pour chiffrer notre dépense en matériel indispensable aux explorateurs en herbe que nous étions. Notre terrain de chasse préféré était un magasin de matériel de camping célèbre. Nous avions le plaisir à parcourir les allées, de rayons en rayons pour voir le matériel, comparer les prix, évaluer la qualité du produit, si bien qu'un jour le marchand au milieu de la porte de sortie n'avait visiblement pas l'intention de nous laisser partir.
- J'aimerais bien savoir ce que vous faites dans mon magasin? Je n'aime pas du tout votre manège, videz vos poches, et si jamais vous m'avez pris quelque chose...... la menace était claire.
Bien sur, aucun d'entre nous n'avait pris la moindre chose, nous n'en avions aucunement l'intention, et rien qu'a l'idée de la réaction de nos parents un acte comme le vol était inimaginable.
En ma qualité de responsable d'expédition du haut de mes douze ans j'ai expliqué en détail le but de nos visites,l'assurant de notre parfaite honnêteté.
Le marchand se mis à rire devant cette bande de gamins, appel sa femme pour lui faire partager son hilarité, et finalement nous invite dans sa cuisine pour raconter toute notre histoire. Une bonne tasse de chocolat fumant nous met en confiance et pendant un long moment nous avons soutenu sérieusement notre projet de partir en Amazonie.
Le magasin devint notre base arrière, la cuisine notre refuge, et la patronne une conseillère bienveillante.
Nous en avons bâtis des projets d'expéditions. Fait des démarches multiples pour régler tous les problèmes que nous pouvions imaginer en attendant notre départ que nous voulions aussi proche que possible.
Que d'heures de conversations, de distributions de rôles, de missions futures, mais aussi que de rêves.....
Cette passion ne fut pas sans répercutions sur ma scolarité. Devant mes résultats médiocres, sauf en géographie, mes parents prirent la descision de me placer en pension chez les Frères, des religieux enseignants.
J'avais quatorze ans et ce fut assez pénible.
la suite article p6
mes rêves étaient ailleurs, beaucoup plus lointains, au-delà de nos frontières, là où sur nos livres de géographie des zones blanches indiquaient des territoires inexplorés.
Comme beaucoup d'enfants nés juste avant la déclaration de guerre, j'avais dans les toutes premières années de ma vie une santé fragile. La nourriture sans doute pas très riche en vitamines et en protéines. La viande, le lait, le pain, tout était rationné, limité en quantité par des timbres distribués dans les mairies. Pour le reste c'était le marché noir, avec beaucoup d'argent pour ce procurer l'indispensable, ou comme le faisait mon père après son retour de captivité, parcourir la campagne de fermes en fermes, dans l'espoir de récolter quelques légumes. Seule l'idée de manger un peu de viande à Noel avait poussé mon père à faire la chasse au canard.
Si la nourriture était rare, surtout pour les habitants des villes, il en était de même pour le chauffage. L'appartement était en hivers glacial, seule la cuisine était chauffée par une grande cuisinière en fonte émaillée bleue. Un peu de charbon, beaucoup de bois chiné ici et là dans les maison en ruines.
Le soir toute la famille était dans la cuisine,les autres pièces étaient beaucoup trop froides, et uniquement utilisées pour dormir, après avoir pris soins de mettre sous les couvertures, une bouillotte brûlante.
Pour profiter encore un peu de la chaleur dégagées par les dernières braises, ma mère prenait une chaise, l'installait sur la cuisinière, et tricotait ravie de la douce chaleur qui montait jusqu'à elle. Avec le faible éclairage d'une bougie le spectacle nous amusaient beaucoup. Pendant ce temps mon père faisait le cordonnier et réparait nos galoches trop fragiles, parfois le coiffeur et en cachette donnait un coup de main au Père Noël en fabricant nos jouets.
Le résultat de cette frugalité fragilisât de beaucoup ma santé,malgré les quotidiennes cuillères d'huile de foi de morue administrées chaque soir. Le médecin m'envoyât à la campagne pour des mois, au lit pendant de longues heures.
Heureusement ma mère m'avait donnée le goût de la lecture. Je dévorais littéralement livres après livres, jusqu'au jour, ou elle me mis entre les mains un livre titré " le petit explorateur " . Ce fut le premier choc de ma vie d'enfant. J'étais littéralement fasciné par les aventures de ce garçon en Afrique , et par la suite dans les autres tomes, sur d'autres continents.
La lecture achevée, mon esprit vagabondait dans tous les sens, et ceci pendant plusieurs années. Dès leurs parutions, les livres des grands explorateurs de l'époque étaient en ma possession, avec il faut bien l'avouer la complicité de ma mère partageant ma passion. De retour à Paris très souvent nous nous rendions dans des salles de conférences pour écouter les récits des plus illustres d'entre eux. Ma collection de livres dédicacés était importante. Chaque livre, lu, étudié, comparé avec des cartes. Ce fut pendant des années l'unique passion de mon enfance, partagée par la suite avec trois Amis. Nous en avons bâtis des projets d'expéditions. Fait des démarches multiples dans les magasins pour chiffrer notre dépense en matériel indispensable aux explorateurs en herbe que nous étions. Notre terrain de chasse préféré était un magasin de matériel de camping célèbre. Nous avions le plaisir à parcourir les allées, de rayons en rayons pour voir le matériel, comparer les prix, évaluer la qualité du produit, si bien qu'un jour le marchand au milieu de la porte de sortie n'avait visiblement pas l'intention de nous laisser partir.
- J'aimerais bien savoir ce que vous faites dans mon magasin? Je n'aime pas du tout votre manège, videz vos poches, et si jamais vous m'avez pris quelque chose...... la menace était claire.
Bien sur, aucun d'entre nous n'avait pris la moindre chose, nous n'en avions aucunement l'intention, et rien qu'a l'idée de la réaction de nos parents un acte comme le vol était inimaginable.
En ma qualité de responsable d'expédition du haut de mes douze ans j'ai expliqué en détail le but de nos visites,l'assurant de notre parfaite honnêteté.
Le marchand se mis à rire devant cette bande de gamins, appel sa femme pour lui faire partager son hilarité, et finalement nous invite dans sa cuisine pour raconter toute notre histoire. Une bonne tasse de chocolat fumant nous met en confiance et pendant un long moment nous avons soutenu sérieusement notre projet de partir en Amazonie.
Le magasin devint notre base arrière, la cuisine notre refuge, et la patronne une conseillère bienveillante.
Nous en avons bâtis des projets d'expéditions. Fait des démarches multiples pour régler tous les problèmes que nous pouvions imaginer en attendant notre départ que nous voulions aussi proche que possible.
Que d'heures de conversations, de distributions de rôles, de missions futures, mais aussi que de rêves.....
Cette passion ne fut pas sans répercutions sur ma scolarité. Devant mes résultats médiocres, sauf en géographie, mes parents prirent la descision de me placer en pension chez les Frères, des religieux enseignants.
J'avais quatorze ans et ce fut assez pénible.
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Par falco
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