Jeudi 7 janvier 2010
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Ce nouveau poste était aussi celui de mon premier emploi
comme Directeur. Pendant pratiquement un an, mon occupation principale consistait à surveiller les travaux et commencer le recrutement des futurs
collaborateurs.
Sans bureau, tout ce passait à mon domicile, y compris la
démonstration de colère du représentant des employeurs de la région. Dans cette région du Santerre, les très grandes plaines favorisent la monoculture, en particulier celle de la betterave
sucrière. Dans ses murs, la ville de Roye possède l'une des plus grande usine de sucre et toute la population dépend plus ou moins de la fabrication du sucre. Il est donc inutile de préciser le
pouvoir du Directeur de l'usine sur la population. Les première offres d'emplois, que j'avais faites passées, avec des propositions de rémunérations supérieurs à ce qui ce pratiquaient localement,
avaient déclenchés de nombreuses candidatures. Mais aussi la colère des sucriers.
C'est ainsi qu'un matin j'ai vu arriver furieux le directeur de
l'usine.
Après un bonjour du bout des lèvres, je suis rapidement
apostrophé.
_Avant de faire quoique ce soit, vous auriez pu me demander mon avis!
Il y a des usages locaux ici, et c'est moi qui les dictes. Vos annonces sont inacceptables, elles risquent de déstabiliser toute une région sur l'harmonie des salaires. Je vous demande de faire
paraître immédiatement un rectificatif à ce sujet!
_Non. Mais si vous voulez bien vous asseoir, je vais vous expliquer un
certains nombres de choses. Un café?
Le fait de dire, non, à ce monsieur ne devait pas lui être
arrivé depuis des années. Sur le moment j'ai vu son visage pâlir, les poings se fermer. Reprenant son contrôle, il accepte ma proposition. Rapidement je lui fais découvrir un monde qu'il ne connaît
pas, et en la matière celui des conventions de salaires avec la sécurité sociale. Il a du mal à accepter de voir les traditions bousculées, imagine rapidement les conflits sociaux à venir. Mais
comment lutter contre un autre fait du prince, beaucoup plus fort que le sien.
_Je vous fais une proposition! vous vous engagé à refuser toutes
candidatures provenant de mon usine!
_Encore non! je crois à la libre circulation des personnes qui
travaillent, c'est l'unique manière de pouvoir progresser dans une carrière. Si les salaires que je propose vous semble trop élevés, alors augmentez les vôtres!
Le Directeur à entendre ces paroles, se mis debout brusquement,
renversant sa chaise et en sortant me cria, vous entendrez parler de moi, je vais vous casser. En fait c'est la vitre d'un meuble qui volat en éclats.
Par la suite, j'ai souvent rencontré ce monsieur, à
l'occasion de nombreuses manifestations officielles, et c'est toujours courtoisement que nous nous sommes salués. Les démarches qu'il avait entreprises au ministère, c'étaient soldées par un rappel
à l'ordre.
En vérité j'ai reçu de très nombreuses candidatures en provenance de son usine.
Une seule a été retenue, celle d'un ouvrier d'entretien.
Pendant ce temps, le bâtiment prenait forme et je commençais à me préoccuper du travail que je pourrais proposer
à ces travailleurs handicapés. J'avais l'ensemble des dossiers des futures admissions et l'éventail des handicaps étaient très grands. Il me fallait trouver les taches les plus simples aux plus
élaborées, et surtout convaincre les industriels de notre capacité à faire du bon travail. Personnellement j'étais persuadé, qu'en adaptant chaque poste de travail à la nature de l'handicap, il
était possible de faire des taches compliquées. Mais encore fallait il les trouver. La région était uniquement tournée vers l'agriculture, les usines autres que la sucrerie faisaient de la mise en
boites de légumes, rien que de l'industrie trop importante pour nous.
Heureusement pour moi, je venais de recruter un couple qui sera très utile, pour ne pas dire indispensable
à la bonne marche du C.A.T. ( centre d'aide par le travail ). Lui était un tout jeune ingénieur sortant d'université et son épouse éducatrice. J'avais un collaborateur qui pouvait se consacrer à la
recherche du travail. Pour le moment le monde Picard nous était fermé, nous allions le séduire.
Par falco
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Mercredi 30 décembre 2009
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10:00
Une bonne année à tous mes lecteurs. J'espère continuer à vous donner envie de lire le blog de Falco qui reprendra après les fêtes. Vous découvrirez le monde de la
toxicomanie, et celui de la délinquance des adolescents et des jeunes adultes.
Encore merci pour votre fidélité,
Par falco
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Mardi 22 décembre 2009
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15:42

Le mois de décembre de cette année 1946 est particulièrement rigoureux. La guerre encore très proche a laissée de nombreuse traces. Tous les Français sont contrains
aux rationnements. Les denrées alimentaires sont soumises à des quotas par familles, L'électricité est distribuée quelques heures par mois, le charbon se fait rare, il fait souvent froid dans
les maisons, mais après de nombreux déménagements, le père de l'enfant est enfin avec eux.
Ce matin là, l'enfant au fond de son lit rêve à ce que le père noël lui apportera.
Après beaucoup de difficultés il a fait sa lettre avec application. Elle est
d'ailleurs toute simple, juste un seul jouet, c'est sa maman qui le lui à dit. Comme les autres années le père noël est très pauvre. Après de longues hésitations, l'enfant c'est enfin déterminé. Ce
jouet il en rêve depuis des semaines. A l'occasion des promenades journalières qu'il fait avec sa maman, il passe devant le " Nain Jaune " un magasin à la vitrine fantastique.
La vitrine est remplie de jouets, tous plus beaux ,au point qu'il est pratiquement impossible de choisir. Sur la droite, il y a les jouets pour les filles, et s'il regarde curieusement les
nouveautés, rapidement son regard se porte sur la gauche pour faire l'inventaire complet de tous les jouets des garçons. S'il ferme les yeux il est capable de reconstituer l'emplacement de chaque
jouet, de le décrire, d'en donner la couleur. Il est resté de longues minutes en observation à chaque promenades et remarque les jouets qui sont sans doute partis avec un enfant, et ceux qui
arrivent.
Jusqu'à présent ces rêves sont encore là. A chaque passage ce sont en premier les deux jouets qu'il préfère qu'il
recherche, un peu angoissé à l'idée qu'ils puissent être vendus. Mais non, ils étaient bien toujours à la même place. Sur une étagère, le grand camion de pompiers d'un rouge étincellent, avec sa
grande échelle. En bas au milieu de la vitrine, un fort, tout en bois, avec les cow-boys à l'intérieur, attaqués par un bonne dizaine d'indiens. A les regarder il avait parfois l'impression que
tous les personnages pouvaient bouger dès qu'il détournait le regard. Finalement dans sa lettre il avait indiqué son choix définitif, ce serait le fort.
Pendant les récréations en cette période de
décembre, le principale sujet de conversation entre les enfants était noël et les cadeaux qu'ils souhaitaient voir devant la cheminée. Mais il y avait aussi, cette terrible nouvelle qui circulait.
Le père noël n'était qu'imagination des grandes personnes. L'enfant ne pouvait le croire. C'était impossible, ou alors sa lettre ne servait à rien et il pouvait dire adieu au fort. A cette
éventualité, si elle était possible, il ne pouvait pas se résoudre. Cette année devait être son premier noël. Jusqu'à présent ses parents avaient tellement déménagés, qu'à chaque fois sa maman lui
avait expliqué, que le père noël ne pouvait pas le trouver, alors à la place sa maman lui donnait une orange. Mais cette fois, il habitait dans la même rue depuis des mois. Sa lettre était faite
depuis des semaines, et il l'avait glissée dans la boite du facteur.
Pourtant le doute revenait, et si les autres
enfants disaient vrais. Il fallait demander à son ami.
_Paul, tu penses que le père noël c'est pas vrai?
_Oui, le père noël c'est les parents, mais je croyais que
tu le savais.
L'enfant regarde un moment son ami, comme si
il était devenu effrayant, et il part en courant dans tous les sens. Il criait, menteur, menteur, c'est pas vrai! menteur, menteur.
Rentré à la maison, il ne pouvait se résoudre
à garder pour lui, ce qui pouvait bouleverser sa vie.
Dans la cuisine, éclairée par des sortes de
bougies en plastique qui fumaient beaucoup, pour peu de lumière, son père et sa mère étaient occupés comme chaque fois après le repas. Sa maman cousait ou tricotait en écoutant la radio, pendant
que son père lisait le journal en silence.
L'enfant après bien des hésitations
c'était décidé à le dire, rien que pour voir la réaction de ses parents. Sa joue commençait à être douloureuse, à force de la mordre de l'intérieur, comme à chaque fois qu'il était gravement
préoccupé. C'est le moment,il faut qu'il sache enfin.
_Maman, papa, je sais que le père noël n'existe pas,
c'est Paul qui me la dit!
L'enfant voulait une réponse, il l'a eu
sans attendre, froide, comme le regard bleu acier, de son père.
_Dans ce cas, il n'y aura sans doute pas de jouets
devant la cheminée! et sans ce soucier de la réaction de l'enfant, il reprit sa lecture.
A son désespoir, son lit fut son
refuge.
Pendant plusieurs jours, l'enfant
traînait son chagrin. Il ne voulait plus regarder la vitrine du magasin de jouets, il ne voulait plus rien. Son père, cet inconnu pour lui était simplement méchant, sa mère aussi et il était bien
seul au monde.
Comme toutes les nuits, il avait des
difficultés à trouver le sommeil. Un soir pour s'occuper, il se lève dans le but de faire un ultime pipi, mais en passant devant la porte de la cuisine il entend que ses parents ne sont pas
couchés. Il y a comme un bruit de craquements répétitifs qui intriguent l'enfant. Ne pouvant résister,il regarde par le trou de la serrure, et là à sa grande surprise; son père découpe, ponce,
assemble. Il est vrai qu'il fait souvent beaucoup de choses de ces mains. Couper les cheveux, réparer les chaussures, repeindre etc. Pour le moment l'enfant ne comprend pas.
Le jour de noël, c'est sa maman
qui le réveille.
_J'ai vu, que le père noël est passé, vient vite,
voir.
L'enfant est incrédule, son père a
dit...mais devant la cheminée!
L'enfant avait un fort, bien plus
grand que celui du magasin, avec une tour, des portes qui pouvaient s'ouvrir, un magasin de poudre, et à l'intérieur du fort, une multitude de cow-boys encerclés par les indiens.
L'enfant venait de découvrir que le père noël pouvait aussi se nommer Marcel
Par falco
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Mardi 15 décembre 2009
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16:00
Depuis la mort d'André, le fonctionnement
de la maison avait bien changé. Jacqueline profondément choquée par la brutale certitude de l'arrêt, de 30 années d'amour inconditionnel ,
avait perdue sa joie
de vivre. Elle était devenue autoritaire, parfois injuste, souvent absente. Cette atmosphère commençait sérieusement à me peser et par curiosités je regardais dans les revues spécialisées
les annonces de postes disponibles. Le changement d'attitude de notre directrice, me faisais prendre conscience, de ma difficulté de plus en plus grande à supporter
d'être commandé.
En attendant de trouver un poste qui pourrait
me convenir, j'étais décidé de continuer à trouver de nouvelles activités pour divertir les enfants de mon groupe.
Je connaissais le château presque de fonds en
combles, le seul endroit ou je n'avais jamais les pieds, c'était le grenier. Depuis longtemps je voulais m'y rendre, mais il était toujours fermé , la clé étant détenue par Jacqueline, pour des
raisons de sécurité. Un matin profitant d'un moment de bonne humeur de Jacqueline, j'ai eu l'autorisation d'aller fouiller dans le passé de cette vieille maison.
Le grenier était immense, très peu
encombré. Au sol la poussière épaisse voltigeait sous mes pas. Quelques meubles sans intérêt sur ma gauche, mais rien de bien intéressant pour le moment. J'étais un peu dépité, j'espérais
trouver des objets anciens, une trace des propriétaires passés, la vue furtive d'un fantôme peut être, mais rien que du commun dans la première partie du grenier. C'est au fond dans la
dernière salle, sur une table que j'aperçus ce qui me semblais digne d'intérêts. Couvert de poussière et de nombreuses toiles d'araignées, il y avait un très vieil appareil de projection, et aussi,
merveille des boites de films, six en tout extérieurement bien conservées, mais sans indications de ce qu'elles pouvaient contenir. Avec précaution j'ouvre la première et je découvre avec plaisir
que la pellicule est en bon état. La lumière étant trop faible, j'étais incapable de voir à quel sorte de film les images correspondaient, mais ce n'était pas le plus important, l'essentiel était
d'avoir de la pellicule vraisemblablement adaptée à l'appareil de projection. Je ne savais pas encore, que je venais de sortir de l'oubli, deux chefs-d'oeuvre du cinéma américain.
Dans la coin gauche presque dissimulé par la charpente, il y avait une cantine métallique, de celle
qu'utilise en général les personnes effectuant de lointains voyages. Pour plus de commodités je tire sur la poignée latérale pour la transporter à la lumière d'un vasistas. Son faible poids n'était
pas bon signe. A l'intérieur, quelques papiers rapidement parcourus, et sans importance, et de nombreuses ordonnances datant du siècle dernier. Pour certaines assez barbares. Par exemple: dans le
cas d'une otite, faire couler de l'huile bouillante dans le conduit auditif. Autre médication: pour soulager les poumons encombrés, placer des sangsues et attendre qu'elles tombent d'elles mêmes
gorgées de sang. L'ancien propriétaire était donc un médecin amateur de cinéma. J'étais un peu déçu par le peu de contenu de la malle, mais fou de joie d'avoir découvert l'appareil de cinéma et les
pellicules.
Lorsque j'ai déposé ce que
j'avais trouvé tous les enfants ce sont précipités pour regarder cette nouveauté, posant beaucoup de questions. A l'idée qu'ils pourraient voir enfin du cinéma ils se mirent à sauter de joie.
Jusqu'à présent il avait été impossible de pouvoir les conduirent dans une grande ville, et je n'étais pas certain que les enfants seraient acceptés dans une salle de projection. Déjà j'imaginais
une grande fête à cette occasion avec la présence de tous les enfants de la maison. Le seul problème à résoudre pour le moment était l'état de l'appareil. Outre la poussière, de nombreuses traces
de rouille étaient bien visibles et j'ignorais ce que j'allais découvrir à l'intérieur. Pour couronner le tout je n'avais jamais fait fonctionner un projecteur. Rapidement tout ce matériel se
retrouvat à notre atelier.
Après m'être assuré
que le moteur et la lampe fonctionnaient encore, avec beaucoup de soins j'ai commencé à démonter et à dérouiller, graisser, pièces et passages du film, et à ma grande stupéfaction j'ai constaté
qu'il y avait aussi une cellule de lecture. Avec un peu de chance les films seront sonorisés. De temps à autre l'instituteur venait m'aider et après trois semaines de travail , l'appareil semblait
prêt pour un essaie privé. Installation dans la salle de classe d'un écran, pose de la première bobine sur l'appareil, passage compliqué du film par la méthode de l'essai et d' erreur, et le grand
moment étant venu : contact.
Premières images
du studio RKO et le titre.
KING KONG. Le
premier king kong tourné en 1933 en version anglaise. Nous sommes restés un moment silencieux, époustouflés de voir que ce film correspondait déjà en tous points aux versions actuelles. Les
trucages étaient plus visibles, mais pour l'époque très étonnant. Comment était-il arrivé dans ce coin de bourgogne?le film était en parfait état, seul le son n'était pas bon, mais ce n'était qu'un
problème de réglage de la cellule.
La
première bobine finie, nous avions hâtes de découvrir quelle surprise nous réservait les autres boites.
Pour les cinéphiles, l'acteur était dans les années vingt, très connu en Amérique.
Rudolf Valentino dans le rôle du sheik, film de 1921. Ce film était lui aussi un grand classique du cinéma.
Ces deux films pouvaient convenir aux enfants, en donnant quelques explications. Ils
attendaient avec tellement d'impatiences que le sujet du film avait relativement assez peu d'importance, mais nous étions certains que king kong retiendrait l'attention.
La
séance de projection collective sera un grand moment. A la demande des enfants l'histoire du grand singe sera de nombreuses fois regardée. Par la suite la cinémathèque de l'éducation nationale nous
permis de voir de nombreux films comiques avec Charlot ou Laurel et Hardy et de nombreux dessins animés.
Comme projectionniste, je prenais un réel plaisir à entendre les rires des
enfants, et à écouter par la suite leurs commentaires. Des semaines plus tard j'ai eu une explication sur la provenance des films. Une vieille dame était
dans le parc et regardait un très grand pin situé devant le château. C'était un arbre très haut, au diamètre du tronc impressionnant. Nous étions persuadés qu'il était deux ou trois fois
centenaire. En fait il n'en était rien, cette personne âgée m'indiqua que c'était elle petite fille, qui avec l'aide de son père, avait planté cet arbre, il y avait environs quatre vingts ans. Bien
entendu j'ai parlé de ma découverte.
_Vous avez trouvé les films ! me dit la femme, je me souviens, mon père était
grand reporter et il avait rapporté les films et l'appareil de projection à son retour des États Unis. Comme je suis contente pour les enfants.
_Mais , je demande, les ordonnances? qui a oublié cette cantine?
_Mon grand-père, il était médecin. Aujourd'hui toute la famille est partie,et sans enfant, j'ai fait don de cette propriété aux handicapés.
_Bonne journée monsieur !
Elle est partie comme elle était venue; discrètement.
Ce fut la seule et unique visite de la vieille dame. Jacqueline
ne l'avait jamais vue.
Au printemps, j'ai reçu une réponse favorable à ma candidature
pour un poste de directeur pour un centre d'aide par le travail, situé dans l'Oise à Roye.
Je n'avais qu'une vague idée du travail à accomplir, mais j'aime les défits. A mon arrivée, un monsieur, marchand de jouets et père d'un adulte handicapé se proposat de me faire visiter mon lieu de
travail. Avec sa voiture nous sortons de la ville. La voiture stop au bord de la route. Je suis invité à descendre et devant un grand champ de béteraves.
_Voici votre future établissement, m'indique mon guide, il y a tout à faire !

Par falco
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Jeudi 10 décembre 2009
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Pourquoi nous avions envie de faire la fête ce jour là? Je n'arrive plus à m'en
souvenir, peut être sans raison, juste pour relâcher la pression du travail au quotidien .
Comme souvent dans ce genre de
manifestation spontanée, l'ambiance était joyeuse et notre groupe ayant partagé les bons et mauvais moments nous avions une grande complicité stimulée par l'attitude de notre Directrice. Si ma
mémoire est bonne, comme pour toutes les fêtes en Bourgogne, le bon vin ( à boire avec modération ) n'était pas étranger à notre envie de rire, de chanter, de jouer. J'ai encore le souvenir d'avoir
terminé la soirée sur les genoux de Jacqueline, à manger à la louche, des framboises à l'eau de vie.
Le lendemain le réveil fut
terrible après avoir été malade une partie de la fin de la nuit. Depuis je déconseille fortement la dégustation de framboises à la louche.
Pendant la coupure du matin
nous étions avec l'instituteur à évoquer la soirée de la veille, lorsque de la terrasse Jacqueline nous fait signe de la rejoindre. Elle nous semble assez agitée, ce doit être important.
_Ma bague, j'ai perdue ma bague! celle
avec un solitaire, elle est tombée dans les toilettes. Je vous en supplie, aidez moi!
Presque ensemble notre
réponse fut : mais comment?
_Il faut tamiser! nous demande
Jacqueline en larmes, que je voyais pour la première fois pleurer.
_Mais tamiser quoi? je demande
_La fausse sceptique, elle est là sans
aucun doute! Je vous en supplie faites le pour moi!
Avec mon ami on se regarde,
rien que la perspective de ce travail nous soulève le coeur, surtout après la soirée de la veille. Mais nous avons de la peine à la voir aussi désemparée et finalement après nous êtres consultés du
regard, la décision est prise de l'aider.
Le matériel rassemblé, des gants,
un seau, combinaisons pour nous, un masque chacun, c'est dans une sorte de tenue de cosmonaute que nous nous mettons à l'ouvrage. Avec une barre à mine le lourd couvercle en fonte est
basculé.
Le premier choc, c'est l'odeur qui nous prend à la gorge amplifiée par les gaz retenus par
le couvercle.
La suite est bien pire
et ne peu s'écrire, le spectacle nous donne envie de remettre le couvercle en place et d'oublier ce pourquoi nous sommes là.
En me souvenant de
cette histoire je suis encore tout étonné de ce que nous avons réalisés avec mon ami. Pendant pratiquement deux heures, nous avons plongés le seau dans la fausse, déversé dans un tamis dans
l'espoir de voir apparaitre dans le résultat de l'alchimie humaine, l'objet de la détresse actuelle de notre chère Directrice. Subitement nous entendons un cri
_Arrêtez, j'ai retrouvé ma bague,
par précaution je l'avais rangée dans le tiroir du bureau avant de faire la fête;
Si nous avions été
très mal éduqués, car l'idée nous est venue, nous lui aurions versés avec plaisir un seau sur la tête, à la place nous avons réclamés du champagne après la douche.
Confortablement
installés dans les fauteuils de son salon, une coupe à la main, en récompense à cette tâche ignoble, Jacqueline nous devait quelques explications.
_Pendant un moment Jacqueline
reste silencieuse, plongée dans ses souvenirs, puis nous regardant elle réalise que nous sommes attentifs, dans l'attente de ses explications.
_Il me faut revenir plus de vingt
ans en arrière, pour vous faire comprendre pourquoi cette bague représente tellement pour moi. Ce matin j'étais bouleversée, par le faite qu'elle me semblait définitivement perdue, mais aussi par
votre marque d'affection à ma personne. C'est quelque chose que jamais je ne pourrais oublier.
A ce moment
Jacquelinese lève et nous prie de la suivre. Arrivés dans la chambre à coucher, meublée de ces meubles massifs que l'on trouvent en Bourgogne, elle ouvre la grande armoire qui fait face au lit et
sort de sa housse une magnifique robe de mariée qu'elle étale sur le lit.
_Cette robe et la bague sont
les deux pièces inestimables de ma vie et aussi mon secret.
Revenus
dans le salon, intrigués nous attendons en silence, mais impatients de connaître la suite de l'histoire.
Jacqueline, nous
regarde tour à tour, comme pour s'assurer qu'elle pouvait nous faire confiance.
_J'avais dix sept ans
lorsque j'ai rencontrée André. Je représentais mon père à la foire agricole de Dijon. Assise derrière le stand ou figurait l'ensemble des produits provenant de la ferme familiale. Mon père
commercialisait de la liqueur de cassis, des framboises en bocal, et bien entendu du vin. Je n'étais pas très occupé lorsqu'un homme d'une trentaine d'années, en fait André avait à l'époque 31 ans,
se présenta comme représentant multi-cartes, intéressé par les produits exposés. tout en goutant ce que je lui proposais, nous avons bavardés, et j'ai été séduite par son sourire et sa
gentillesse.
Le lendemain, nous avions rendez-vous pour dîner ensemble dans une petite auberge, perdue dans la campagne.
Jacqueline un moment semble à nouveau perdue dans ses rêves.
_Excusée
moi, ce fut notre première rencontre amoureuse, c'était un jeudi, et c'est encore trente ans après, toujours la même petite auberge et toujours un jeudi. Voilà pourquoi je suis toujours
indisponible le jeudi. A notre quatrième rencontre, après le dîner, dans la chambre ou nous avions l'habitude de passer le reste de la journée, Jacques d'une manière très solennelle me fit présent,
de cette bague avec ce diament que je trouvais très important, et me demande si je voulais bien l'épouser. Mais il y avait une difficulté majeur, il était marié avec deux enfants. Rassure toi
m'assurait-il, je vais divorcer rapidement et avant la fin de l'année nous seront mariés.
J'étais déjà beaucoup trop amoureuse pour ne pas le croire. Pendant des
semaines le jeudi nous avons vécus comme des enfants, courant les boutiques pour trouver ma future robe, regardant les meubles pour notre futur intérieur, j'étais très heureuse pendant tout ce
temps et un jeudi j'ai eu ce coup de foudre pour la robe que vous venez de voir et je la regarde de temps à autre pour me donner l'illusion que c'est encore possible.
Les mois ont passés, les problèmes ce sont accumulés. Au début ce fut la maladie de sa femme qui retardait les démarches pour entreprendre le divorce. Ensuite les enfants étaient en ages de faire
leurs communions, cérémonie qu'il était impossible d'attrister par un divorce. Puis est venu le temps des examens scolaires qui ne pouvaient êtres perturbés. Heureusement nous avons toujours
préservés nos jeudi, et je suis tout de même heureuse ainsi. Parfois il y a des petites folies, comme ces vacances d'une semaine l'année dernière en Espagne. Des cadeaux pour nos fêtes, juste des
petits moments de bonheurs, mais qui m'aide tellement à vivre. Sincèrement je ne sais pas ce que je deviendrais si je perdais André.
A ces mots Jacqueline se lève et revient avec une boite qu'elle ouvre
devant nous. A l'intérieur, des bijoux pour homme. Montre, bague, boutons de manchettes, chainette de poigné marquée André.
_Tous ces objets, nous indique Jacqueline, correspondent à des cadeaux
offerts pour des anniversaires ou des fêtes. C'est moi qui les garde, et je les lui donne chaque jeudi. Mais bientôt toute cette vie sera finie, la procédure de divorce doit commencer très
bientôt et nous pourrons enfin nous marier.
Pendant un court moment nous avons continués à parler de ses projets,
et nous nous sommes séparés. Mon ami et moi nous étions attristés par cette histoire.
Comme toute les histoire celle-ci a une fin.
Quelques mois après ce récit, Jacqueline me confiât qu'elle était très soucieuse au sujet d'André. Depuis deux jeudis André n'était pas venu à l'auberge, il devait être malade me disait-elle. Sur
mes conseils, je lui propose de téléphoner chez André pour être rassurée.
Pendant plusieurs semaines elle a retardée l'appel, enfin s'étant descidée, elle a demandée à la femme d'Andrée, prétextant être une cliente, si elle pouvait parler à son mari?
_Mais madame vous n'êtes pas au courant, mon mari est mort depuis deux mois.
Par falco
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Lundi 7 décembre 2009
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10:59
L'hiver avait commencé très fort. Noël était dans une dizaine de jours. La neige recouvrait tout le paysage d'une fine couche tombée dans la matinée. La température
extérieure devait être inférieur à zéro.
Comme à l'habitude après le repas et la toilette, les enfants en pyjama rassemblés dans la grande salle regardaient la
télévision. Tout était calme en apparence. Depuis un moment j'observais Catherine, l'éducatrice de ce que nous avions l'habitude de qualifier " les moyens ", en fait les enfants d'âges compris
entre dix et douze ans. A plusieurs reprises elle était sortie, puis entrée pour scruter le groupe réunis, cherchant quelque chose ou quelqu'un du regard.
La panique commençait à se lire sur son visage au moment ou elle se décide à parler à la Directrice. D'après Catherine,
Hubert avait disparu depuis une vingtaines de minutes. Elle avait cherchée aux toilettes, dans le dortoir, dans la salle de jeux, mais rien trouvé.
Nous avions parfois des enfants qui échappaient à notre surveillance, mais toujours en fouillant le château nous
finissions par aboutir dans nos recherches. Parfois c'était même un jeux, pour des enfants plus malicieux, que de se cacher.
Dans le cas présent nous sommes certains qu'il ne peu s'agir d'un jeux. Immédiatement Jacqueline organise les
recherches, nous indiquant à chacun le secteur à fouiller avec la plus grande attention. Dans les placards, derrière les portes, sous les meubles, tous les lieux ou un enfant à la possibilité de se
réfugier. Heureusement dans cette grande demeure il y a des endroits fermés à clés, comme les combles, ou les caves. Pendant ce temps Jacqueline, restée avec tous les enfants, centralise les
renseignements. Peu à peu, les éducateurs qui avaient les secteurs les plus proches se regroupent autour de la Directrice. Je suis le dernier à revenir. Aucun résultat, Hubert à bien disparu, il
n'est pas dans le château et s'il est dehors, c'est simplement vêtu d'un pyjama, d'une paire de chaussettes et de pantoufles. Avec le froid qu'il fait à l'extérieur, il court un grand danger.
La gendarmerie est immédiatement prévenue, ainsi que les Parents qui demeurent à quelque kilomètres.
L'attente des secours semblent toujours très longues,chaque minutes qui passent agravent la situation.
Pendant ce temps, ceux qui n'avaient pas la charge de surveillance des enfants, sont dehors pour commencer à
chercher dans le parc.
Le signale sonore de la voiture de gendarmerie ce fait entendre, en courant nous rentrons pour nous mettre à la
disposition des forces de l'ordre.
A notre grand étonnement le brigadier est seul pour prendre la situation en main, comme il nous l'affirme.
Assis au bureau de la Directrice, il note consciencieusement sur son carnet, les circonstances de la disparition.
Ce que nous faisions à ce moment là. Interroge la pauvre Catherine en larmes, comme si c'était une coupable. Demande à voir le dossier de l'enfant qu'il commence à étudier. Catherine s'énerve de
voir autant d'inaction et menace de téléphoner aux supérieurs. La tension monte, lorsque le téléphone sonne.
Le gendarme se redresse sur sa chaise, la main proche de faire un salut. Le chef ne doit pas être loin.
_Oui chef, dit le gendarme, j'ai affaire à une fugue, l'enfant d'une dizaine d'années à disparu depuis une heure
environs......oui je comprends, pas de chien, il fait trop froid.........J'organise des patrouilles immédiatement...........je vous informes dès qu'il y a du nouveau.............non pas besoins de
renforts pour le moment, il fait une nuit sans lune et les recherches seront très difficiles. A vos ordres commandant.
Fin de la communication, nous étions tous abasourdis par autant de désinvolture.
A ce moment entre les parents d'hubert. Madame est en pleurs, Monsieur triture son béret entre ses
mains calleuses de vigneron. Ce sont de très braves gens. Hubert ne passait jamais un week-end sans rentrer chez lui. Mais hubert comme tous les enfants psychotique était imprévisible et
pendant la semaine les parents ne pouvaient s'en occuper.
Ne vous en faites pas dit le gendarme après les
avoir salués.
_Mort ou vif, votre enfant nous allons le retrouver.
A ces paroles de réconfort, madame s'écroule en
larmes sur une chaise, et monsieur sort du bureau indigné.
Les patrouilles sont enfin organisées, deux par deux
avec le personnel disponible et le papa d'Hubert qui m'accompagne. Le gendarme reste au bureau pour organiser les recherches. Dehors le froid est vif, l'obscurité est importante, heureusement la
neige nous aide un peu à distinguer des formes, des bâtiments, les mares assez nombreuses dans le secteur. Nous sommes tous persuadés que l'issue sera fatale si Hubert n'est pas retrouvé très
rapidement. Il fait trop froid; je suis bien habillé, l'enfant lui est en pyjama.
De chemins en chemins, avec le papa nous regardons
dans les faussés, près des mares s'il y a des traces. Huberttt crie l'homme désespéré. Huberrrttt, je l'entends encore cet appel dans le silence de la nuit. Il me fait frissonner comme autant ou
petit en Auvergne, assis sur les bancs en pierre de la grande cheminée monumentale, nous écoutions très attentivement les histoires de chasseurs de loups. Ouuuuu faisait le loup à la recherche de
sa nourriture, peut être nous enfants en guise de repas?A l'écoute de ces histoires, je frissonnais tout autant qu'en cette nuit tragique. Ouuuuu faisait le loup; Huberrrttt criait le papa.
Jusqu'à l'aube nous avons battu la campagne pour enfin rentrer épuisés, et anéantis de chagrin .
Dans le parc des volontaires, et des curieux attendaient les directives des gendarmes enfin venus en
nombre. Même le chien était là, mais effectivement le froid rendait toute poursuite de traces pratiquement inutile. En plus le piétinement des gens accourus pour rendre service avait brouillé la
piste. Par groupes les personnes présentes se sont organisées pour quadriller finement le territoire sur un kilomètre autour de l'établissement.
Dans toute cette cohue, il y avait Constant le
berger. Les gens du village disaient qu'il était simplet, juste bon à garder des vaches. Depuis un moment je l'observais, il allait de gauche à droite cherchant à retenir l'attention, mais personne
ne voulait perdre son temps avec lui. Pour finir il se dirige vers moi.
_Les vaches, elles savoir ou est l'enfant!
Je le regarde étonné, il n'a pas encore
bu, et il insiste.
_Viens voir mes vaches, elles me disent que l'enfant
est proche!
_Je ne comprends rien à ce que tu me raconte.
Explique toi calmement.
_Viens avec moi, je te montre l'enfant.
_Comment tu peu me dire que tes vaches sont au
courant que je cherche l'enfant.
_Écoute bien, mes vaches sur la colline sont pas
tranquilles, j'ai bien vu.
_Mais ou sont-elles? Il me désigne une colline à une
bonne distance de trois ou quatre kilomètres. A cette distance il est impossible de voir des vaches.
_Tu te moque de moi, comment tu peu voir des vaches
d'ici? Je te propose d'aller dormir pendant que je vais rejoindre mon groupe.
_Le berger m'attrape par la manche. Son visage à
changé d'expression, il est devenu plus dure, plus persuasif.
_Si l'enfant n'est plus vivant ce sera ta faute.
Conduit moi à mes vaches.
Le ton est ferme je suis ébranlé
par son insistance et j'interpelle l'infirmière. Je passe un court instant à la persuader de m'accompagner, et nous partons avec la voiture tous les trois. Pendant un moment j'ai pensé que le
berger c'était moqué de nous pour faire un tour en voiture. Il avait l'air tellement content de monter pour la première fois en voiture. Pour rejoindre le plateau ou en principe devait se trouver
le troupeau, il nous a fait faire tous les détours possible ralentissant le plus possible la fin du voyage.
_Mais comment du village tu pouvais voir tes vaches? Elles sont très loin.
_J'étais plus près avant de venir vous voir. Gare ta voiture ici.
Ensemble nous avons pris un petit chemin creux, pour finalement déboucher sur une grande prairie.
Là le spectacle le plus étonnant qu'il soit nous attendait.
Dans le centre de la prairie toutes les vaches étaient rassemblées, pratiquement en cercle autour
de ce que je distinguais comme étant du foin mélangé à de la paille. Une vache était couchée sur ce tas, déposé par le berger dans la soirée.
Contre le ventre de la vache Hubert dormait paisiblement, protégé du froid par le troupeau
tout entier.
Pour tout traumatisme l'enfant avait un début d'engelures aux pieds et aux mains. Comment
avait-il fait pour parcourir tout ce chemin? impossible à dire.
Le berger en remerciements a
fait une longue et belle promenade en voiture.
Par falco
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