Lundi 11 janvier 2010 1 11 /01 /Jan /2010 15:50
                        Dans notre recherche de travail, les premières propositions qui nous étaient faites, n'étaient guère valorisantes. Le Santerre de par sa nature grandement agricole, possédait très peu de manufactures pouvant ou désirant nous donner du travail. Les seuls donneurs d'ouvrages, étaient très souvent ceux qui fournissaient les prisons ou le travail à faire à la maison. Montages de fleurs artificielles, de cotillons, mise sous enveloppes de publicités. Rien de bien intéressant et surtout très mal payé. C'était le genre d'ouvrage auquel nous ne voulions donner suite.
                         Changement de méthode de recherche. Regarder dans les magasins des produits de grandes consommation que les handic,apés pourraient fabriquer. Depuis le premier jours j'étais persuadé qu'avec une bonne étude de poste et bien entendu les machines indispensables, nous pourrions repousser les limites généralement attribuées aux handicapés.
                          Notre premier succès important, nous le devons à la confiance, que nous accorde le Directeur, d'une grande usine d'articles de bureau. Usine située en Alsace, ce qui n'est pas notre plus proche voisin
                          Après la visite de l'usine un produit à retenu immédiatement notre attention. Les classeurs à sangle. La confection peu sembler toute simple mais représente tout de même une dizaine d'opérations faites de collage, assemblage, découpe à la machine outil, assemblage, vérification et mise en cartons par couleurs.
                          Avec du recul, je pense que seul notre audace, notre aplomb, et semble t'il notre proposition de prix, calculé rapidement sur un bout de papier, à persuadé le Directeur. Pour lui aussi le challenge était risqué. Faire démonter une ligne de fabrication et la transporter jusque dans nos ateliers. Nous avancer la matière première, et continuer à assurer les commandes clients.
                           Un mois plus tard un semi remorque fait la livraison de plusieurs tonnes de matériel et nous avions un mois pour fournir à l'usine notre premier camion de classeurs.
                           Les trois premier jours, pour comprendre quelles étaient les difficultés, c'est en grande partie du personnel qui a occupé chacun des postes. Du Directeur à la femme de ménage, ensuite les problèmes de réglages, d'épaisseur de colle, de couture de la sangle, et autres difficultés étant maîtrisés, l'intégration des handicapés à été faite progressivement. Il faut avouer que les premiers mois, le personnel a largement donné de son temps pour tout vérifier. Il était très important de donner un produit impeccable et sans aucune erreur de conditionnement. Ce qui fut le cas, chaque mois, un semi venait prendre la livraison du travail, et nos ouvriers étaient très fiers de voir ce travail partir en Alsace. Bien entendu, le produit financier de tous les travaux réalisés, était redistribué intégralement.
                             Mais ce préambule a pour objet de faire comprendre le titre de cette page.
                             A quelque mètres de notre atelier, il y a une grande usine qui fabrique un produit rigoureusement identique à celui décrit précédemment. J'avais bien entendu contacté en premier le Directeur pour lui proposer nos services. Le refus a été courtois, sans plus. Mais depuis deux ans les ouvriers et ouvrières des deux lignes de fabrication étaient aussi rapide que les ouvriers en Alsace. J'avais oublié de dire, que notre donneur de fabrication, devant la qualité de notre travail avait demandé à installer une seconde ligne.
                              Fort de notre expérience, nous avons invité le Directeur de l'usine voisine, dans le but de lui proposer d'intégrer nos ouvriers dans ces lignes de fabrication.
                              L'idée à été retenue, et nous étions très content de voir des hommes et des femmes jusqu à présent en situation d'exclusion, rejoindre le monde ouvriers. Pendant deux mois les commentaires du Directeur étaient élogieux, nos ouvriers faisant preuve de beaucoup de rigueur, jusqu'au jour ou j'ai été convoqué pour un entretien. Je pouvais imaginer un écart de comportement, une irrégularité, mais absolument pas ce qui me fut déclaré.
                              Le comité d'entreprise à la demande des ouvrières, refusait de continuer l'expérience. Aucune raison valable .invoquée, les ouvrières refusaient de côtoyer des handicapés.
                              Après réflextions, je pense que chaque ouvrière était personnellement  interpellée par cette question identitaire fondamentale. Qui je suis? si une handicapée est capable de faire ce que je fais!
                              Cette question, restera toujours un handicap important à l'intégration de personne différente.4115834581_fa41d92051.jpg
Par falco - Communauté : manuscrits en ligne (romans)
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