Mardi 22 décembre 2009
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Le mois de décembre de cette année 1946 est particulièrement rigoureux. La guerre encore très proche a laissée de nombreuse traces. Tous les Français sont contrains
aux rationnements. Les denrées alimentaires sont soumises à des quotas par familles, L'électricité est distribuée quelques heures par mois, le charbon se fait rare, il fait souvent froid dans
les maisons, mais après de nombreux déménagements, le père de l'enfant est enfin avec eux.
Ce matin là, l'enfant au fond de son lit rêve à ce que le père noël lui apportera.
Après beaucoup de difficultés il a fait sa lettre avec application. Elle est
d'ailleurs toute simple, juste un seul jouet, c'est sa maman qui le lui à dit. Comme les autres années le père noël est très pauvre. Après de longues hésitations, l'enfant c'est enfin déterminé. Ce
jouet il en rêve depuis des semaines. A l'occasion des promenades journalières qu'il fait avec sa maman, il passe devant le " Nain Jaune " un magasin à la vitrine fantastique.
La vitrine est remplie de jouets, tous plus beaux ,au point qu'il est pratiquement impossible de choisir. Sur la droite, il y a les jouets pour les filles, et s'il regarde curieusement les
nouveautés, rapidement son regard se porte sur la gauche pour faire l'inventaire complet de tous les jouets des garçons. S'il ferme les yeux il est capable de reconstituer l'emplacement de chaque
jouet, de le décrire, d'en donner la couleur. Il est resté de longues minutes en observation à chaque promenades et remarque les jouets qui sont sans doute partis avec un enfant, et ceux qui
arrivent.
Jusqu'à présent ces rêves sont encore là. A chaque passage ce sont en premier les deux jouets qu'il préfère qu'il
recherche, un peu angoissé à l'idée qu'ils puissent être vendus. Mais non, ils étaient bien toujours à la même place. Sur une étagère, le grand camion de pompiers d'un rouge étincellent, avec sa
grande échelle. En bas au milieu de la vitrine, un fort, tout en bois, avec les cow-boys à l'intérieur, attaqués par un bonne dizaine d'indiens. A les regarder il avait parfois l'impression que
tous les personnages pouvaient bouger dès qu'il détournait le regard. Finalement dans sa lettre il avait indiqué son choix définitif, ce serait le fort.
Pendant les récréations en cette période de
décembre, le principale sujet de conversation entre les enfants était noël et les cadeaux qu'ils souhaitaient voir devant la cheminée. Mais il y avait aussi, cette terrible nouvelle qui circulait.
Le père noël n'était qu'imagination des grandes personnes. L'enfant ne pouvait le croire. C'était impossible, ou alors sa lettre ne servait à rien et il pouvait dire adieu au fort. A cette
éventualité, si elle était possible, il ne pouvait pas se résoudre. Cette année devait être son premier noël. Jusqu'à présent ses parents avaient tellement déménagés, qu'à chaque fois sa maman lui
avait expliqué, que le père noël ne pouvait pas le trouver, alors à la place sa maman lui donnait une orange. Mais cette fois, il habitait dans la même rue depuis des mois. Sa lettre était faite
depuis des semaines, et il l'avait glissée dans la boite du facteur.
Pourtant le doute revenait, et si les autres
enfants disaient vrais. Il fallait demander à son ami.
_Paul, tu penses que le père noël c'est pas vrai?
_Oui, le père noël c'est les parents, mais je croyais que
tu le savais.
L'enfant regarde un moment son ami, comme si
il était devenu effrayant, et il part en courant dans tous les sens. Il criait, menteur, menteur, c'est pas vrai! menteur, menteur.
Rentré à la maison, il ne pouvait se résoudre
à garder pour lui, ce qui pouvait bouleverser sa vie.
Dans la cuisine, éclairée par des sortes de
bougies en plastique qui fumaient beaucoup, pour peu de lumière, son père et sa mère étaient occupés comme chaque fois après le repas. Sa maman cousait ou tricotait en écoutant la radio, pendant
que son père lisait le journal en silence.
L'enfant après bien des hésitations
c'était décidé à le dire, rien que pour voir la réaction de ses parents. Sa joue commençait à être douloureuse, à force de la mordre de l'intérieur, comme à chaque fois qu'il était gravement
préoccupé. C'est le moment,il faut qu'il sache enfin.
_Maman, papa, je sais que le père noël n'existe pas,
c'est Paul qui me la dit!
L'enfant voulait une réponse, il l'a eu
sans attendre, froide, comme le regard bleu acier, de son père.
_Dans ce cas, il n'y aura sans doute pas de jouets
devant la cheminée! et sans ce soucier de la réaction de l'enfant, il reprit sa lecture.
A son désespoir, son lit fut son
refuge.
Pendant plusieurs jours, l'enfant
traînait son chagrin. Il ne voulait plus regarder la vitrine du magasin de jouets, il ne voulait plus rien. Son père, cet inconnu pour lui était simplement méchant, sa mère aussi et il était bien
seul au monde.
Comme toutes les nuits, il avait des
difficultés à trouver le sommeil. Un soir pour s'occuper, il se lève dans le but de faire un ultime pipi, mais en passant devant la porte de la cuisine il entend que ses parents ne sont pas
couchés. Il y a comme un bruit de craquements répétitifs qui intriguent l'enfant. Ne pouvant résister,il regarde par le trou de la serrure, et là à sa grande surprise; son père découpe, ponce,
assemble. Il est vrai qu'il fait souvent beaucoup de choses de ces mains. Couper les cheveux, réparer les chaussures, repeindre etc. Pour le moment l'enfant ne comprend pas.
Le jour de noël, c'est sa maman
qui le réveille.
_J'ai vu, que le père noël est passé, vient vite,
voir.
L'enfant est incrédule, son père a
dit...mais devant la cheminée!
L'enfant avait un fort, bien plus
grand que celui du magasin, avec une tour, des portes qui pouvaient s'ouvrir, un magasin de poudre, et à l'intérieur du fort, une multitude de cow-boys encerclés par les indiens.
L'enfant venait de découvrir que le père noël pouvait aussi se nommer Marcel
Par falco
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Hécate