Jeudi 7 janvier 2010
4
07
/01
/Jan
/2010
17:18
Ce nouveau poste était aussi celui de mon premier emploi
comme Directeur. Pendant pratiquement un an, mon occupation principale consistait à surveiller les travaux et commencer le recrutement des futurs
collaborateurs.
Sans bureau, tout ce passait à mon domicile, y compris la
démonstration de colère du représentant des employeurs de la région. Dans cette région du Santerre, les très grandes plaines favorisent la monoculture, en particulier celle de la betterave
sucrière. Dans ses murs, la ville de Roye possède l'une des plus grande usine de sucre et toute la population dépend plus ou moins de la fabrication du sucre. Il est donc inutile de préciser le
pouvoir du Directeur de l'usine sur la population. Les première offres d'emplois, que j'avais faites passées, avec des propositions de rémunérations supérieurs à ce qui ce pratiquaient localement,
avaient déclenchés de nombreuses candidatures. Mais aussi la colère des sucriers.
C'est ainsi qu'un matin j'ai vu arriver furieux le directeur de
l'usine.
Après un bonjour du bout des lèvres, je suis rapidement
apostrophé.
_Avant de faire quoique ce soit, vous auriez pu me demander mon avis!
Il y a des usages locaux ici, et c'est moi qui les dictes. Vos annonces sont inacceptables, elles risquent de déstabiliser toute une région sur l'harmonie des salaires. Je vous demande de faire
paraître immédiatement un rectificatif à ce sujet!
_Non. Mais si vous voulez bien vous asseoir, je vais vous expliquer un
certains nombres de choses. Un café?
Le fait de dire, non, à ce monsieur ne devait pas lui être
arrivé depuis des années. Sur le moment j'ai vu son visage pâlir, les poings se fermer. Reprenant son contrôle, il accepte ma proposition. Rapidement je lui fais découvrir un monde qu'il ne connaît
pas, et en la matière celui des conventions de salaires avec la sécurité sociale. Il a du mal à accepter de voir les traditions bousculées, imagine rapidement les conflits sociaux à venir. Mais
comment lutter contre un autre fait du prince, beaucoup plus fort que le sien.
_Je vous fais une proposition! vous vous engagé à refuser toutes
candidatures provenant de mon usine!
_Encore non! je crois à la libre circulation des personnes qui
travaillent, c'est l'unique manière de pouvoir progresser dans une carrière. Si les salaires que je propose vous semble trop élevés, alors augmentez les vôtres!
Le Directeur à entendre ces paroles, se mis debout brusquement,
renversant sa chaise et en sortant me cria, vous entendrez parler de moi, je vais vous casser. En fait c'est la vitre d'un meuble qui volat en éclats.
Par la suite, j'ai souvent rencontré ce monsieur, à
l'occasion de nombreuses manifestations officielles, et c'est toujours courtoisement que nous nous sommes salués. Les démarches qu'il avait entreprises au ministère, c'étaient soldées par un rappel
à l'ordre.
En vérité j'ai reçu de très nombreuses candidatures en provenance de son usine.
Une seule a été retenue, celle d'un ouvrier d'entretien.
Pendant ce temps, le bâtiment prenait forme et je commençais à me préoccuper du travail que je pourrais proposer
à ces travailleurs handicapés. J'avais l'ensemble des dossiers des futures admissions et l'éventail des handicaps étaient très grands. Il me fallait trouver les taches les plus simples aux plus
élaborées, et surtout convaincre les industriels de notre capacité à faire du bon travail. Personnellement j'étais persuadé, qu'en adaptant chaque poste de travail à la nature de l'handicap, il
était possible de faire des taches compliquées. Mais encore fallait il les trouver. La région était uniquement tournée vers l'agriculture, les usines autres que la sucrerie faisaient de la mise en
boites de légumes, rien que de l'industrie trop importante pour nous.
Heureusement pour moi, je venais de recruter un couple qui sera très utile, pour ne pas dire indispensable
à la bonne marche du C.A.T. ( centre d'aide par le travail ). Lui était un tout jeune ingénieur sortant d'université et son épouse éducatrice. J'avais un collaborateur qui pouvait se consacrer à la
recherche du travail. Pour le moment le monde Picard nous était fermé, nous allions le séduire.
Par falco
-
0
Derniers Commentaires